Valérie Fourneyron aux 3èmes assises nationales pour l'habitat des jeunes UNHAJ

Enquête UNHAJ “Etre jeune en 2012”

Valérie Fourneyron aux 3èmes assises nationales pour l'habitat des jeunes UNHAJ
Valérie Fourneyron aux 3èmes assises nationales pour l’habitat des jeunes UNHAJ

L’Union Nationale pour l’Habitat des Jeunes (l’UNHAJ) a présenté – à l’occasion de ses 3èmes assises nationales – ce vendredi 16 novembre au Conseil Régional de Midi-Pyrénées à Toulouse les résultats de son enquête nationale « Etre jeune en 2012 : situations, perceptions ». Celle-ci vise à mieux connaître et comprendre la situation actuelle des jeunes de 16 à 30 ans, leurs aspirations et la manière dont ils perçoivent leurs situations.

Un outil pour interpeller les décideurs sur l’avenir des politiques de jeunesse

Le contexte d’aggravation de la crise met les jeunes dans une situation de plus en plus complexe, avec comme repère une forte augmentation du chômage des jeunes. Le Président de la République a souhaité faire de la jeunesse un des axes prioritaires de la mandature, avec en perspective, l’organisation d’une Conférence nationale sur la jeunesse envisagée pour janvier 2013.

A l’occasion des 3èmes  Assises Nationales pour l’Habitat des jeunes de l’UNHAJ qui ont eu lieu le 16 novembre 2012 au Conseil Régional de Midi-Pyrénées à Toulouse, un groupe de travail, mené par François Sarfati, Chercheur au Centre d’Etude de l’Emploi, s’est constitué pour construire une enquête quantitative nationale qui puisse apporter des éclairages sur la situation des jeunes, la manière dont ils la perçoivent et les projections qu’ils en font.

En lien avec la thématique des assises – l’émancipation de la jeunesse, le groupe de travail est parti de la définition de la notion d’émancipation autour de la dialectique entre les liens qui attachent / rendent dépendant / freinent la capacité d’agir et de décider pour soi-même et ceux qui libèrent.

Cette enquête vise, à partir de la réalité vécue par les jeunes, à faire un outil pour contribuer au débat public sur la nécessaire prise en compte de la particularité de ce temps de la vie dans le contexte actuel. C’est l’occasion d’interpeller les décideurs sur l’avenir des politiques de jeunesse, les orientations nécessaires.

Les principaux enseignements de l’enquête

Quatre grands socles ont permis de questionner la situation des jeunes du point de vue de leur émancipation :

1-La situation par rapport au travail : le travail aujourd’hui et demain, vecteur d’émancipation ?

Contrairement à  certaines approches managériales, autour du « concept de la génération Y » (on pense par exemple aux travaux de Marie Desplats et Florence Pinaud : Manager la génération Y – Travailler avec les 20-30 ans) qui ont pointé la nécessité d’une approche spécifique pour garantir l’intégration des jeunes dans l’entreprise, l’appétence et la motivation au travail, avec en toile de fond, l’idée que les jeunes ne vouent plus une place centrale au travail, l’enquête montre que :

-Les jeunes confirment de manière unanime la centralité du travail pour leur émancipation, un travail qui n’est pas l’unique finalité de la construction de soi mais qui y participe fortement :

94% d’entre positionnent le travail comme un élément d’émancipation
63% des jeunes aspirent à un travail qui plaît et qui laisse du temps pour faire autre chose (86% des jeunes).
 

-Les jeunes aspirent à l’évolution professionnelle par une meilleure reconnaissance mais aussi par le biais de la formation :

65 % d’entre eux estiment avoir des possibilités d’évolution, d’être dans une situation d’amélioration des compétences (pour 83 % le travail qu’ils occupent leur permet d’améliorer leurs compétences) et plus de la moitié des jeunes souhaitent suivre une formation (63%) et alterner des périodes de formation et d’emploi à court terme et à moyen / long terme.

2-Les relations avec la famille : en 2012 a-t-on besoin de l’attachement ou du détachement familial pour s’émanciper ?

Historiquement, une des figures de l’émancipation des jeunes est incarnée soit dans l’accès à la majorité, soit en positionnant la relation parent-enfant comme nécessitant un espace de rupture pour construire son émancipation. Un accès plus tardif à l’autonomie a pu avoir des effets sur la barrière symbolique de la majorité, pour autant qu’en est-il de la place des parents dans la trajectoire d’émancipation des jeunes ? Les résultats montrent que :

– Au-delà de la figure du Tanguy où la famille est le lieu pour « vivre sa jeunesse », la famille est un espace de ressources plurielles.

73% des jeunes ont des relations fréquentes (36,3 %) ou très fréquentes (36,8 %) avec leurs parents, ces relations sont, pour 84,3% plutôt bonnes (38,6 %) ou très bonnes (45,7%).

-Des relations ne sont pas en premier lieu matériel mais de l’ordre de l’appui et du soutien et qui créent un vrai clivage entre les jeunes plus favorisés et les jeunes moins favorisés qui ont en moyenne des relations moins fréquentes et moins bonnes avec leurs parents. A la question « vos relations avec vos parents concernent quels domaines », les jeunes ont répondu :

En premier lieu, affectif : 58,5 %
En second « l’écoute et le soutien » : 57,7 %
 

-La famille demeure un point de ressources plurielles et joue une fonction « d’assurance » et de « réassurance ».

3-La place dans la cité, l’engagement des jeunes

Contrairement à une idée largement répandue, l’enquête montre que les jeunes s’intéressent aux questions de société.

Des jeunes qui se préoccupent des enjeux de société

71,2 % (dont 65 % à plusieurs reprises) d’entre eux à avoir eu des « discussions sur des sujets de société » dans l’année écoulée.

Et dont la principale forme d’engagement se fait par le biais du secteur associatif :

Près d’un jeune sur deux enquêté a déclaré avoir été impliqué dans association dans l’année écoulée (44,5 %). 35.6% ont déclaré avoir réalisé un don à une association et 43.5% ont déclaré avoir participé à une action bénévole (dont 27 % à plusieurs reprises).

4-Les jeunes enquêtés et leur besoin en logement dans une structure Habitat jeunes:

L’enquête met également en perspective l’influence du passage dans une structure Habitat Jeunes, en ce temps particulier, sur différents points. Les résultats révèlent :

-Un besoin de logement pour accompagner la mobilité (pour 50 % d’entre eux), mais aussi pour « vivre sa jeunesse » (23 % c’est d’abord le souhait d’indépendance qui a motivé le choix d’une structure Habitat jeunes), ou encore pour répondre à une urgence suite à une rupture familiale (22 % d’entre eux).

 -Si les jeunes expriment largement le sentiment de pouvoir s’exprimer dans les structures qui les accueillent (pour 81 % d’entre eux), « d’être écouté » (87 % d’entre eux), le passage en structure Habitat jeunes apparait comme un levier pour se constituer un réseau social mais aussi s’impliquer dans un projet.

Les premiers résultats de cette enquête permettent ainsi de dresser quelques axes de réflexion et invite à débattre sur :

-Comment prendre en compte la diversité des situations de jeunesse à tous les niveaux ?
-Comment mettre à disposition des ressources plurielles susceptibles d’étayer le parcours des jeunes, notamment en complément des ressources parentales ?
-Comment prendre en compte l’aspiration des jeunes à la formation dans leur trajectoire d’insertion ? Par quel levier ?

 

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Méthodologie de l’enquête et profil des interviewés:

Enquête quantitative « flash » par questionnaires (papier et mails) entre juillet et octobre 2012 auprès de 1030 jeunes (de 17 à 30 ans avec un âge moyen de 22.3 ans) résidents (pour 81% d’entre eux) d’une structure Habitat Jeunes et/ou usagers d’un service Habitat Jeunes (pour 3%). 52 % d’entre eux sont des hommes, 48% des femmes. Par ailleurs, des jeunes en provenance de 20 régions sur 22 ont répondu à l’enquête, représentant une diversité de réalités territoriales (rurale et urbaine avec une diversité des départements). Etude menée avec le concours de François Sarfati, Chercheur au Centre d’Etude de l’Emploi.

 La première synthèse des résultats peut être téléchargée ici : ResultatsEnqueteUNHAJ-EtreJeuneEn2012

L’Union nationale pour l’habitat des Jeunes, c’est :
– 330 adhérents (associations et personnes morales) présents sur plus de 500 sites, porteurs de projets pour l’habitat des jeunes :
  > Ils accueillent, informent et orientent les jeunes dans l’accès au logement autonome
  > Ils proposent 40 000 logements en collectif (de type Résidences sociales-FJT) ou en diffus
  > Ils offrent un ensemble de services destinés à favoriser l’accès à l’emploi, à la santé, aux  transports, aux loisirs…
– 200 000 jeunes accueillis chaque année
L’Union nationale pour l’habitat des jeunes a pour mission d’accompagner les jeunes dans leur parcours de socialisation et leur accès à l’autonomie. Elle a organisé, en partenariat avec le quotidien La Croix, ses 3èmes assises nationales pour l’Habitat des jeunes le 16 novembre autour de la question de l’émancipation des jeunes.


Photos (Crédit : Studio-Vh) : Interventions de Valérie Fourneyron, Ministre des Sports, de la Jeunesse, de l’Éducation populaire et de la vie associative et de Patrick Quinqueton, Président de l’UNHAJ.

 

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